Chronologie : les actions de la préfecture de Police lors des attentats 2015

Il y a dix ans, la France était frappée par une série d'attentats. Face à l'horreur, la préfecture de Police s’est mobilisée minute après minute pour protéger, secourir et coordonner. À travers cette frise chronologique, revivez le déroulé de ces journées tragiques du point de vue de celles et ceux qui étaient en première ligne.

7 janvier 

Vers 11h30, les frères Kouachi perpétuent une attaque contre le journal satirique Charlie Hebdo, abattent douze personnes et font plusieurs autres blessés. Parmi les victimes, des figures emblématiques de la caricature et du journal, dessinateurs et chroniqueurs, le policier Franck Brinsolaro en charge de la protection de Charb, et le policier Ahmed Merabet, tué par les deux terroristes lors de leur fuite.

Des opérations d’interpellations et de perquisitions sont menées dans l’environnement des frères Kouachi : trente enquêteurs, deux groupes opérationnels de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) nationale, l’unité nationale d’intervention du service central d’identité judiciaire (SCIJ), police technique et scientifique, sont mobilisés.

Une cellule opérationnelle chargée de coordonner l’action de l’ensemble des unités engagées est mise en place au ministère de l’Intérieur sous l’autorité du ministre. La cellule interministérielle de crise est également activée à Beauvau.

8 janvier

À 8h : Amedy Coulibaly, complice des frères Kouachi, se rend à Montrouge, tue la policière municipale Clarissa Jean-Philippe et blesse un agent municipal de la voirie qui intervenaient tous deux sur un accident de la circulation.

À 9h30 : les frères Kouachi, en fuite, sont repérés à proximité de Villers-Cotterêts, dans l’Aisne. À 10h12, le plan Épervier renforcé est déclenché sur tous les axes menant à la région parisienne dans un rayon de 40km autour de ladite commune. Le GIGN se déploie, intensifie ses opérations de recherches terriennes et aériennes jusqu’à la nuit.

9 janvier 

Vers 8h45 : les frères Kouachi sont bloqués par un barrage alors qu’ils tentent de fuir la zone sous contrôle, et se retranchent dans une imprimerie à Dammartin-en-Goële (77).

Vers 13h : Amedy Coulibaly prend en otages les clients et employés du magasin Hypercacher de la porte de Vincennes. Il tue quatre d'entre eux, tous de confession israélite.

À 13h20 :  la BRI de Paris est la première force d’intervention sur le site de la prise d’otages. Au même moment, l’assaut est mené contre les frères Kouachi à Dammartin-en-Goële (77).

Le déclenchement du plan d’assaut d’urgence du GIGN précipite l'assaut du RAID et de la BRI dans l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes.

11 janvier 

Une marche républicaine est organisée à Paris en réponse aux attentats terroristes qui ont fait dix-sept morts et ont sidéré la France pendant trois jours.

Décrite comme « la plus grande mobilisation de l’histoire de France », c’est le plus important rassemblement populaire dans les rues de Paris depuis la Libération de la capitale en 1944 : près de 1,6 million de personnes sont réunies à Paris et plus de 2,8 millions en région le même jour. Cinq mille cinq-cent membres des forces de l’ordre sont mobilisés pour l’encadrement de cette marche.

Enfin, plus d’une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement, venus du monde entier (tous les pays de l’Union européenne, une douzaine de pays africains, une dizaine de pays européens hors Union européenne, le Canada, de nombreux pays du Moyen-Orient) participent à cette marche républicaine, qui a aussi réuni des représentants d’organisations internationales (UE, ONU, Ligue arabe, OTAN, UNESCO, etc.) et la quasi-totalité des responsables politiques français.

13 novembre 

La France connaît une série d’attaques sans précédent le 13 novembre 2015. Dix terroristes, organisés en plusieurs commandos, procèdent à six attaques dans plusieurs endroits de la capitale et à Saint-Denis, tuant cent trente personnes en quelques heures. Policiers, gendarmes, pompiers, sécurité civile, tous vont agir en parallèle dans différents points, au fur et à mesure des attaques jusqu’aux assauts finaux.

21h19 : première explosion au Stade de France. Les policiers sécurisent la zone et les pompiers évacuent les blessés.

21h22 : deuxième explosion, le plan rouge est mis en place.

21h24 : fusillade rue Bichat et Alibert. La BAC du 10ème intervient et établit un périmètre.

21h26 : tirs rue de la Fontaine-au-Roi. Les forces du 11ème et les pompiers assurent secours et sécurité.

21h36 : troisième fusillade sur la terrasse du restaurant La Belle Équipe - 92, rue de Charonne, dans le 11ème arrondissement de Paris.

21h40 : explosion au Comptoir Voltaire. Peu après, trois hommes armés de Kalachnikovs pénètrent dans la salle de spectacle Le Bataclan située 50, boulevard Voltaire, dans le 11ème arrondissement de Paris. Des effectifs de la BAC de nuit du Val-de-Marne arrivent sur place, entendent des tirs à l’intérieur puis essuient des tirs de la part des terroristes. En parallèle, un commissaire divisionnaire de la BAC75 N et son équipier pénètrent dans la salle de concert. 

21h53 : troisième explosion au Stade de France (porte B).

21h57 : le commissaire divisionnaire abat l’un des trois terroristes qui se tenait sur la scène avec un otage. Celui-ci a néanmoins le temps d’activer son gilet explosif. Dans les instants qui suivent, une succession de tirs venus du balcon intérieur oblige les deux policiers à s’abriter. Ils sortent ensuite de la salle par l’entrée principale tandis que deux à trois cents personnes empruntent la sortie de secours du passage Saint-Pierre Amelot. L’acte de bravoure des deux policiers met fin à la tuerie de masse et permet de sauver de nombreuses vies.

22h20 : les policiers de la BRI de Paris arrivent au Bataclan et organisent l’assaut. 

Puis, entre 22h30 et 22h35, la deuxième colonne de la BRI de Paris – qui a d’abord atteint La Belle Équipe – arrive devant la salle de spectacle, portant le nombre de fonctionnaires de la BRI à trente. Ce renfort permet d’accélérer l’évacuation des otages.

22h48 : l’équipe rapide d’intervention du RAID parvient au Bataclan. Deux autres colonnes d’assaut du RAID arrivent ensuite.

Le match au Stade de France s’achève à 22h53.

Vers 23h00 : la BRI commence à progresser dans les escaliers du Bataclan, ce qui permet à certains spectateurs – encore dissimulés à ce moment-là – de quitter les lieux.

À 23h51, l’évacuation des derniers spectateurs est en passe d’être achevée tandis que l’évacuation des victimes depuis les différents postes médicaux avancés (PMA) est encore en cours. Les personnes en urgence relative sont évacuées par des moyens non médicalisés.

00h18 : l’assaut est donné au Bataclan, sur autorisation du préfet de Police de Paris, par les fonctionnaires de la BRI de Paris, soutenus par les effectifs du RAID, positionnés au rez-de-chaussée. Trois terroristes sont neutralisés et plus de cent otages libérés.

00h30–02h00 : sécurisation de Paris, activation du plan blanc et mobilisation des hôpitaux.

03h00–06h00 : enquête et perquisitions en Seine-Saint-Denis.

14-17 novembre

Une vaste traque est menée après les attentats du 13 novembre. Sous le régime de l’état d’urgence, des centaines de perquisitions et interpellations ont lieu partout en France. Les forces de l’ordre recherchent activement Salah Abdeslam et les complices du commando.

18 novembre 

Vers 4h20 : assaut à Saint-Denis.

Les forces de la BRI et du RAID sont appelées pour déloger des terroristes retranchés dans un appartement. Des échanges de tirs intenses ont lieu durant plusieurs heures. Cinq policiers sont blessés lors de l’assaut, le chien policier Diesel du RAID est tué. 

Du côté des terroristes, il y a trois morts dont Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attaques, marquant un tournant majeur dans l’enquête.

Huit personnes sont placées en garde à vue.

D'après le procureur de la République, ces terroristes constituaient une nouvelle équipe et auraient pu passer à l'acte.

L’opération met fin au principal réseau directement lié aux attentats.

 

 

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