Les actions de l’institut médico-légal (IML)

L’article ci-dessous propose en avant-première un extrait du n°130 du magazine Liaisons spécial « 10 ans des attentats de 2015 ».

Extrait de l’interview du professeur Bertrand Ludes, chef de l’Institut Médico-Légal (IML) de Paris et de sa collaboratrice Tania Delabarde, anthropologue.

Liaisons - A quel moment l’IML a-t-il commencé à être sollicité après les attentats du 13 novembre et pour quelles missions ? 

Bertrand Ludes : Nous avons commencé à recevoir les corps des victimes le 14 novembre matin, entre 6h du matin et 13h. Le Procureur de la République de l’époque, François Mollens, nous avait donné une semaine pour réaliser l’ensemble des opérations médico-légales. Notre mission principale consistait à déterminer la cause des décès à partir d’une autopsie complète des corps et des fragments humains. Nous devions également, comme toujours, remettre aux enquêteurs tout projectile ou élément trouvé lors des examens. 

Tania Delabarde : Pour ma part, j’étais chargée de mettre en place le protocole d’accueil de défunts en grand nombre et de coordonner l’Institut Médico-Légal avec tous les services de police et les partenaires médico-légaux. Sur le plan technique, j’ai analysé les fragments de corps pour apporter des informations précieuses aux enquêteurs chargés de les identifier. Une fois que les défunts « inconnus » étaient identifiés, le permis d’inhumer était établi et les familles pouvaient venir voir le corps de leur proche. Notre mission était alors de les accueillir.

Liaisons - Quelles ont été les principales difficultés rencontrées ?

Bertrand Ludes : Nous avons dû organiser le travail de l’IML avec un grand nombre de victimes dans un délai contraint, ce qui imposait une logistique efficace pour les tables d’autopsie, les scellés, les visites des nombreuses familles qui voulaient voir leur défunt. Même si nous étions habitués à prendre en charge un grand nombre de corps, ce contexte a tout de même représenté un défi. Vis-à-vis des équipes, j’ai veillé à ce que chacun ne manque de rien et puisse prendre des temps de repos.

Tania Delabarde : Il a aussi fallu renseigner les autorités dans tous les domaines : institutions, ambassades, etc.  Pour une bonne coordination de nos activités et notre communication, il nous a fallu répartir les rôles des uns et des autres avec précision.

 

Le magazine Liaisons numéro 130 est sorti !


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