Salon de l’agriculture : retour sur les missions de contrôles vétérinaires et alimentaires
Garantir la biosécurité
Avec un peu plus de 600 000 visiteurs, 4000 animaux et des milliers d’exposants, le salon a nécessité une sécurisation à tous les étages. Mais saviez-vous que la préfecture de Police œuvre aussi pour la biosécurité ?
- 3 questions à Sabrina Sahnoun, inspectrice vétérinaire officielle
1. Quel est votre rôle sur le salon ?
Je suis inspectrice vétérinaire officielle pour le compte du ministère de l’agriculture et de la préfecture de Police. Notre objectif premier est la biosécurité : stopper la transmission de pathogènes.
Les animaux présents sur le salon sont sélectionnés pour leur particularité : il est essentiel de garantir leur bonne santé. C’est la 3e année que j’interviens sur le salon : chaque année, il y a des maladies différentes à appréhender.
« Il s’agit d’éviter qu’une maladie animale entre et sorte du salon, sous peine de contaminer une partie du cheptel français. »
Lorsqu’un animal arrive au salon, il a déjà reçu une certification des services de son département d’origine. Notre intervention est de 2nd niveau : elle consiste à vérifier les documents officiels qui accompagnent l’animal pour valider son admission et son départ, les véhicules qui l’ont transporté et leur niveau de désinfection. En cas de problèmes identifiés, nous avons divers modes d’interventions comme la mise en quarantaine d’un animal dont les papiers ne seraient pas conformes.
2. Qu’en est-il du bien-être animal ?
Notre mission consiste aussi à veiller au bien-être animal : mes collègues et moi-même évaluons les conditions d’hébergements, d’alimentations, d’abreuvement, d’éventuelles maltraitances. Nous pouvons agir aussi suite à un signalement et sommes en lien avec l’organisateur du salon qui a un commissariat par espèce animale.
Cette année, j’ai par exemple signalé une absence d’abreuvement pour un âne ou un nombre de moutons légèrement supérieur dans leur loge prévue pour 4.
3. Que représente le Salon dans votre activité ?
Le Salon reste un événement très important: ma hiérarchie et toute l’équipe est mobilisée très en amont. Ceci dit, en tant qu’inspectrice vétérinaire officielle, j’interviens toute l’année dans la zone de Paris dans le cadre d’expérimentations animales, dans les animaleries, lors d’événements, de tournages de films, etc.
Assurer la sécurité et la loyauté de produits alimentaires
Les inspecteurs de la DDPP interviennent également en matière d’hygiène, de loyauté et d’information au consommateur – dénomination, étiquetage, traçabilité, condition de préparation des produits – et ce, dès le vendredi précédant l’ouverture, quand les standistes arrivent et que tout se prépare : «Nous contrôlons tous les points de restaurations» assure Yanis Baccha, chef de service sécurité et loyauté alimentaire.
La mission consiste à assurer « que les frigos et matériels de cuisson (température, etc.) sont conformes.
Les produits sont aussi contrôlés, notamment par le biais de la vérification des dates limites de consommation et des températures.
Les inspecteurs saisissent leur compte rendu sur une application métier du ministère de l’Agriculture ou des Finances et le transmettent au professionnel contrôlé. En matière de sanctions, « nous pouvons aller du simple avertissement à une mise en demeure». Ils poursuivent leurs missions tout au long de la manifestation.
A savoir :
D'autres contrôles permettent de garantir chaque année la bonne sécurité sur le salon : les objets et biens non alimentaires ainsi que la sécurité des bâtiments.
Les inspecteurs vétérinaires et techniciens sont issus de la Direction départementale de la protection des populations de Paris (DDPP 75) rattaché à Direction des usagers et des polices administratives (DUPA) de la préfecture de Paris.