Discours du préfet de Police

Prise d’armes du 8 septembre 2026 - Seul le prononcé fait foi

Il y a quelques jours, le ministre de l’Intérieur commémorait ici les 82 ans de la Libération, et avec eux, la ferveur de ces jours d’août 1944, qui firent basculer le destin de Paris et de la France.

Vous êtes aujourd’hui, dans cette même cour, 652 gardiens de la paix et 20 commissaires. 672 policiers quittant les bancs de nos écoles pour rejoindre les rangs de la PP. 672 à prendre la suite de cette « tradition d’honneur » dont parlait Charles Luizet, compagnon de la Libération, et préfet de Police installé par le général de Gaulle, ici, dans cette cour, le jour même de la libération de Paris.

Rejoindre la préfecture de Police, accrocher la fourragère rouge à son uniforme, c’est embrasser tout cela : cette fidélité aux camarades tombés hier, cette responsabilité devant les âges.

Rejoindre la préfecture de Police, c’est honorer la promesse que vous vous êtes faite lorsque que vous avez décidé de devenir policier.

Rejoindre la préfecture de Police, c’est SERVIR.

Car la PP n’existe que pour servir. Elle n’est pas une citadelle fermée, ni cette obscure institution que l’on décrit parfois. La PP est au cœur de Paris mais aussi aux quatre coins de l’agglomération parisienne, au plus près de nos concitoyens, tout le temps.

En vous accueillant en ce jour, vous faites vôtre cette organisation si particulière qui caractérise notre maison.

Le modèle de commandement de la PP est unique. C’est un modèle intégré, puisque les quatre « métiers police » que sont la sécurité publique, le maintien de l’ordre, la PJ et le renseignement sont placés sous mon autorité directe. Cette chaîne de commandement très resserrée, agile, efficace, a fait ses preuves, et vous en serez les indispensables maillons.

Ce qui fait la réputation de la PP, c’est aussi l’identité très forte de nos directions de police :

La DSPAP, avec son maillage sécuritaire dense, est au plus près de la population ; 

la DOPC, qui encadre près de 6000 événements annuels est reconnue pour son expertise ; 

la DPJ, le « 36 », dont la haute technicité en matière d’enquête et d’intervention n’est plus à démontrer, est reconnue dans le monde entier. 

Et enfin, la DRPP, naturellement plus discrète, écoute le souffle de la capitale pour apporter chaque jour une aide précieuse à la décision.

Pourtant, et j’insiste là-dessus, ce qui fait notre force, ce n’est pas d’être un super-commissariat ; c’est d’être une préfecture.

Entre ces murs, les policiers travaillent main dans la main avec des directions administratives. Polices administratives, admission au séjour, lutte contre l’immigration irrégulière, sécurité et sûreté des aéroports, sécurité civile, déminage… Toutes ces missions relèvent aussi d’agents de la PP. Et je n’oublie pas que vous agirez tous les jours aux côtés des sapeurs-pompiers de Paris qui me sont confiés et qui ont tant donné au cours de l’été qui s’achève.

Dans nos commissariats, dans les salles de commandement, sur la voie publique, vous rejoignez une famille de 43 000 policiers, sapeurs-pompiers et agents administratifs.

Je vous souhaite en leur nom bienvenue à la PP.

Soyez fiers. Vous vivrez désormais au rythme des grands événements, parfois les plus attendus, comme le voyage apostolique du pape dans trois semaines, mais aussi, souvent, au rythme des faits les plus sombres, dans l’urgence et le danger.

Dans tous les cas, j’attends de vous professionnalisme, exemplarité et sens de la cohésion. Car la PP est une famille. On prend toujours soin de ses collègues.

Cette cohésion est notre force.

L’urgence, si souvent pressante dans l’agglomération, ne saurait toutefois être notre seul maître. La préfecture de Police, du haut de ses plus de deux siècles d’histoire, doit garder le souci d’anticiper et de se moderniser.

Non pas pour changer ce qui marche. Mais pour améliorer ce qui, dans votre quotidien, dans nos procédures, épuise et amoindrit les volontés.

À ce titre, j’ai lancé en janvier dernier un plan stratégique comportant 90 actions concrètes. Ce plan n’est pas secret.

De nombreuses ressources ont été mises à votre disposition pour que vous puissiez vous tenir informés. Et je m’assure personnellement de vous faire état, régulièrement, des résultats que nous obtenons.

Certains changements ont déjà eu lieu.

Pour les lycéens qui veulent découvrir le métier de policier, j’ai décidé cette année de multiplier par 10 le nombre de Classes d’engagement républicain, dispositif particulièrement apprécié.

Pour nos collègues qui ont dû se mettre à l’écart pour cause de maladie et qui, remis sur pied, reviennent dans nos rangs, la DRH a mis en place avec les directions des comités de suivi, afin de leur retrouver un emploi plus simplement et plus facilement.

Pour les nouveaux arrivés, le parc de logement se verra étoffé cette année de deux nouvelles résidences. Les processus d’accompagnement ont, eux aussi, été modernisés.

Enfin, à nos côtés, j’ai souhaité renforcer le rôle des réservistes opérationnels. Ils seront plus nombreux. C’est une chance pour eux, et une force pour nous.

D’autres actions vont continuer à prendre forme. Par exemple :

J’ai souhaité que les patrouilles pédestres se développent quand la physionomie du terrain le permet. Ce mode d’action est un facteur clé pour rassurer nos concitoyens. Il faut aller au contact et dissuader par notre présence.

Les délais d’attribution des véhicules saisis sont encore trop longs. J’ai demandé à optimiser les processus que nous avons avec l’AGRASC et les magistrats.

Enfin, le déploiement de la MAD vocale qui permet d’accélérer le travail de nos policiers fait partie de ces chantiers en cours ; l’expérimentation est concluante.

Ces travaux, parmi des dizaines d’autres, sont menés sous la responsabilité de vos chefs, que je remercie ici. Ils m’en ont rendu compte en juillet dernier et je referai le point avec eux à la fin de l’année.

Ces 90 actions portent la PP au-delà de l’horizon de notre quotidien, pour le bien de nos agents et surtout, dans l’intérêt de celles et ceux que nous protégeons chaque jour.

En cette période de rentrée, nous savons que les mois à venir nous mettront à l’épreuve de nombreux défis. De plus, nous savons bien que les années électorales sont des moments forts pour notre pays, dans lesquels le ministre de l’Intérieur compte sur notre pleine mobilisation.

La préfecture de Police saura se montrer à la hauteur, incarnant aux yeux de nos concitoyens comme pour nos dirigeants un bloc solide où résonnent l’excellence, la fermeté et la proximité. Vive la PP, vive la République, vive la France !