Une labellisation pour mieux accompagner les agents aidants

Engagée récemment dans la procédure de labellisation « Cap’Handéo », la préfecture de Police a l’ambition de mobiliser tous les leviers possibles pour garantir un accompagnement des aidants identifiés comme tels parmi ses agents, au travers notamment d’un meilleur équilibre vie personnelle et vie professionnelle. 

Identifier les aidants

L'engagement de la préfecture de Police se perçoit par la démarche de labellisation et par la tenue de ce 1er séminaire sur les aidants, qui s’est déroulé le 2 décembre dernier au commissariat du 13e arrondissement et a rassemblé une centaine d’agents.

Guillaume Douhéret, Directeur des Ressources Humaines l’a précisé dans le discours d’introduction de ce séminaire, l’enjeu premier est pour les services concernés de la préfecture de Police d’identifier les aidants. Plus encore, de permettre aux aidants de se reconnaître eux-mêmes comme tels, comme le souligne docteur Sondès El Feki M’Hiri, intervenante lors de la 1ere table ronde.

La préfecture de Police s’est lancée dans une procédure de labellisation « Cap’Handéo, engagée auprès de ses agents aidants ». La finalité de ce label est d’outiller, d’appuyer l’institution pour reconnaître et soutenir les agents en situation d’aide d’un proche. Il offrira ainsi pour la préfecture de Police une plus grande visibilité en interne comme en externe en matière de soutien aux aidants.

Le label sera in fine octroyé sur la base d’un audit et d’outils et déployés auprès des agents. 

Qu’est-ce qu’être aidant ?

C’est dans ce cadre qu’un audit a donc été lancé au travers d’un questionnaire envoyé aux agents de la préfecture de Police cette année. 

  • Constats : 
    • L’importance de ce sujet pour les agents de la préfecture de Police : en effet près de 1100 agents ont répondu, ce qui est important au regard du nombre de réponses habituelles
    • Le profil type du répondant est une personne de sexe féminin de plus de 50 ans qui est aidante majoritairement auprès d’au moins un de ses parents. 
    • L’une des questions qui s’exprime le plus : je suis aidant.e, et moi, qui m’aide?

Catherine Fourcherot, Adjointe à la sous-directrice de la prévention et de la qualité de vie au travail, explique qu’en effet le sujet est encore mal évalué par la sphère professionnelle d’un agent. 

L’enjeu réside aussi bien dans l’accompagnement de l’agent dans ses démarches administratives à effectuer que dans le temps qu’il peut y consacrer. 

Mieux concilier la vie professionnelle et personnelle

Trois agents de la préfecture de Police ont témoigné de leur expérience d’aidants durant une 2nde table ronde, à laquelle participait aussi le docteur Vincent Valinducq, chroniqueur dans la matinale de TF1 et auteur du livre « Je suis devenu le parent de mes parents – aider les aidants » (éditions Stock -2023).

Il ressort de ces récits que les difficultés de conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée sont particulièrement marquées pour les aidants. La hiérarchie est importante aussi dans la reconnaissance des besoins de l’aidant. 

C’est ainsi que Jordan (prénom changé) agent actif, aidant auprès d’un de ses parents atteint d’un cancer avancé a eu une reconnaissance de ces difficultés par sa hiérarchie qui lui a conseillé de s’adresser aux assistantes sociales pour se faire accompagner. Il espère également que sa demande de mutation en région lui permettant d’être au plus proche de son parent aboutira prochainement. 

« Je fais beaucoup de sacrifice notamment en terme d’amplitude horaires entre mon rôle d’aidant et mon travail en brigade, je n’ai plus de vie depuis 3 ans ».

Nombre d’aidants méconnaissent par ailleurs leurs droits ainsi que les dispositifs leur permettant de concilier leur vie privée et leur vie professionnelle. A titre d’exemple, les agents apportant leurs témoignages n’avaient pas connaissance du congé de proche aidant auquel ils ont droit depuis le passage du décret du 25 août 2023 portant diverses dispositions relatives au congé de présence parentale et au congé de proche aidant dans la fonction publique.

Le droit au répit est quant à lui méconnu. La préfecture de Police s’appuie en la matière sur les travaux de l’association Centr’aider qui intervient sur Paris. Mme Emilie Gonnet dirige cette association dont le rôle est de centraliser les centres de répit disponibles, mais aussi l’information sur les aides fiscales, les congés pour parents d’enfants malades, etc.

Objectif : des aidants qui gardent la santé


« 1/3 des aidants partent avant les aidants eux-mêmes ». 

Ce constat implacable avancé par le docteur Valinducq parle malheureusement de lui-même.

Accompagner, changer les mentalités et accepter de se faire aider lorsque l’on est soi-même aidant est un facteur essentiel.

Sonia (prénom changé) s’occupe seule de deux enfants porteur de handicap. 

Cette situation provoque un épuisement profond, un stress et divers problèmes de santé qu’elle n’a pas le temps de traiter. Les aidants qui travaillent peuvent en effet développer eux-mêmes des problèmes de santé (stress, fatigue, épuisement), ou subir une évolution professionnelle qui stagne voire régresse (absentéisme).

Ces problèmes sont, qui plus est, souvent mal perçus par l’entourage professionnel et cela constitue une double peine. 

Par conséquent, la préfecture de Police se fixe pour objectif d’être à l’écoute et de contribuer avec les réseaux locaux d’accompagnement et les encadrants à trouver les solutions adaptées aux situations.

Enfin, le docteur Valinducq a quant à lui insisté sur le suivi psychologique des aidants. Leur santé mentale est déterminante : il est crucial de parler, de s’entourer.