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Démarches  

Fermetures exceptionnelles :

Le bureau des permis de conduire  sera fermé au public le lundi 20 novembre 2017 .

En raison de travaux, la préfourrière Charléty  (Paris 13e) sera fermée du 9 au 22 novembre 08h00.  Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.

Lutte contre les drogues

Modifié le 31/01/2014




La drogue dans l'agglomération parisienne

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Priorité absolue de la préfecture de police, la lutte contre les trafics de stupéfiants aborde un tournant : l’idée n’est plus seulement de saisir les plus grandes quantités possibles de drogue, mais aussi de couper court à tous les types de trafics et de mettre le maximum de dealers hors d’état de nuire. Une ambition : restaurer la qualité de vie des habitants et le « vivre ensemble » dans les quartiers, indissociable des politiques de santé publique, économique et sociale.

Il est loin le temps où la cocaïne était réservée aux artistes et aux poètes maudits. La consommation de drogues augmente dangereusement : le cannabis, ces dernières années, a pris une ampleur sans précédent ; les drogues « dures » comme la cocaïne ou les euphorisants se banalisent, bénéficiant d’une image festive et récréative. Le gramme de cocaïne se négocie aujourd’hui entre 60 et 100 euros, contre 150 à 200 euros il y a 10 ans.

De nouvelles drogues comme le « spice », dérivé du cannabis, se trouvent en vente libre sur Internet. Jusqu’à l’héroïne, considérée comme une drogue « sale » (risques de contamination du sida notamment) et en chute libre depuis les années 80, qui connaît aujourd’hui un renouveau : «L’injection est passée de mode, mais l’ héroïne  est désormais fumée» , commente la commissaire Marie-Elizabeth Ciattoni, adjointe au chef de la brigade des stups . Les consommateurs se recrutent dans toutes les classes de la société : les enquêteurs de la brigade, qui en voient défiler dans leurs locaux, peuvent en témoigner : «En fonction des produits, il y a de tout, des jeunes cadres dynamiques aux ouvriers en passant par la secrétaire de direction. Les fumeurs de cannabis  sont souvent très désocialisés et ont des problèmes de santé» , précise le commissaire Jean-Luc Saux.

Cet usage festif des drogues montre bien la méconnaissance des dangers mais aussi de la loi. «C’est une nécessité de rappeler que le cannabis  est illégal alors qu’il est perçu comme plus ou moins licite par une partie de la population. On vit encore sur une idée héritée des années 68 selon laquelle le cannabis  est un produit naturel qui ne serait pas nocif. La résine qu’on trouve actuellement est coupée, recoupée, trafiquée avec des produits comme du goudron et extrêmement concentrée en tétrahydrocannabinol (THC). Si tous les consommateurs de cannabis  ne deviennent pas des consommateurs de drogues dures, tous les consommateurs de drogues dures ont commencé par fumer du cannabis » , affirme Jean-Luc Saux. Parallèlement aux troubles sanitaires (grave enjeu de santé publique), la consommation et le trafic de cannabis génèrent des troubles sociaux : désocialisation, déscolarisation, troubles à l’ordre public, notamment dans les quartiers touchés par les trafics.

Guerre d’usure

En effet, conséquence de l’explosion des trafics de cannabis dans les années 90, les trafics génèrent des troubles locaux extrêmement importants : confiscation de l’espace public, loi de la terreur dans les cités, détérioration du lien social, enfants qui ne peuvent plus jouer dehors et qui, tout petits, rentrent dans cette économie parallèle. Sans parler des effets induits : règlements de comptes entre dealers, affrontements entre bandes, viols, enlèvements, séquestrations, meurtres, agressions, prostitution, nuisances provoquées par les drogués, tabassages, agressions des employés municipaux chargés de la propreté ou de tous ceux qui gênent les dealers comme les gardiens d’immeubles, concierges faisant valoir leur droit de retrait, terreur des habitants, loi du silence… la liste est longue !

Montée en force d’un banditisme de banlieue

Une nouveauté : face aux enjeux représentés par le contrôle de la drogue en banlieue et à la professionnalisation des trafics, «les règlements de comptes violents entre groupes organisés sont de plus en plus fréquents depuis ces trois dernières années » , indique Marie-Elisabeth Ciattoni. Ainsi, la fusillade qui a fait deux morts en septembre 2009 à Saint-Ouen était liée à une querelle entre trafiquants locaux. «On assiste donc à des règlements de compte en banlieue sur fond de trafic de drogue » , ajoute-t-elle.

Selon les stups, les caïds de banlieue prennent au fil du temps une assise de plus en plus grande car pour démarrer un trafic, il faut beaucoup d’argent. Mais attention aux amalgames : sur les 222 bandes répertoriées en France, les véritables bandes armées se comptent sur les doigts d’une main ; seules 44 % d’entre elles sont véritablement organisées, structurées autour d’un leader, souvent violentes et liées au trafic de stups. C’est ce type de groupe qui, en banlieue, noyaute tous les trafics : cannabis, cocaïne, médicaments, crack… Multirécidivistes, leurs membres se sont spécialisés dans les trafics de stups, moins risqués (par rapport aux braquages) et plus rentables. Les revenus sont considérables – un guetteur de 12 ans gagne 400 à 500 euros par jour, un kilo de cannabis acheté quelques centaines d’euros au Maroc se négocie 2 500 euros à Paris, 10 euros la barrette de 2 grammes. « Les profits sont immenses ! » , lance le commissaire Saux. Le problème de la drogue dépasse largement les compétences de la police et ne peut être réglée qu’au prix d’une politique interministérielle.

L’agglomération parisienne, plaque tournante de la drogue en France ?

C’est en tout cas la région française où tournent les quantités les plus importantes, au vu des saisies réalisées par les stups. Certains acheteurs ou semigrossistes viennent de province pour se ravitailler. Endroits connus : grands ensembles parisiens, cités de banlieue, notamment en Seine-Saint-Senis (Sevran, Saint-Ouen, Saint-Denis), où des voitures arrivent de toute la France pour s’approvisionner. Les réseaux de province (essentiellement Bretagne - Rennes, Royan mais aussi Bordeaux, Lyon, Marseille) achètent en général des quantités plus modestes (3/4 kilos). Selon les policiers de la brigade des stupéfiants, « le plus simple pour les petits consommateurs de l’Ouest est de venir s’approvisionner en train, c’est seulement à une heure et la Bretagne est mal achalandée, elle n’est pas sur la route de la drogue » .

Pour en savoir plus, découvrez nos reportages

Perquisition chez un particulier. L’odorat des chiens permet de déceler avec précision la présence de produits stupéfiants.
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Perquisition chez un particulier. L’odorat des chiens permet de déceler avec précision la présence de produits stupéfiants.
Perquisition chez un particulier. L’odorat des chiens permet de déceler avec précision la présence de produits stupéfiants.
Perquisition chez un particulier. L’odorat des chiens permet de déceler avec précision la présence de produits stupéfiants.
L’unité cynophile participe à la recherche de drogues, en collaboration avec les autres services de police.
L’unité cynophile participe à la recherche de drogues, en collaboration avec les autres services de police.
Kit salivaire permettant de détecter immédiatement la présence de stupéfiants notamment chez un conducteur lors d’un accident de la circulation.
Kit salivaire permettant de détecter immédiatement la présence de stupéfiants notamment chez un conducteur lors d’un accident de la circulation.
Version ouverte d'un harnais dissimulant environ 10 kg de cocaïne.
Version ouverte d'un harnais dissimulant environ 10 kg de cocaïne.
 

Le plan stups

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Consommation en hausse, banalisation de certains produits, tension dans les quartiers, règlements de compte... Pour enrayer l’escalade de la drogue, la préfecture de police déploie le plan stups. Explications.

Premier octobre 2007 : la mise en place du plan stups marque un tournant décisif dans la politique de lutte contre la drogue à Paris. À la demande du préfet de police, les directions du renseignement, de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne et de la police judiciaire élaborent conjointement un plan de lutte contre le trafic de stupéfiants dans la capitale. Piloté par la direction de la police judiciaire, ce dispositif a pour objectifs de résorber les trafics locaux et d’améliorer la physionomie des quartiers de la capitale les plus touchés par ce phénomène. Validé par le Parquet de Paris, il s’articule autours de six axes qui embrassent la totalité de la problématique « drogue ».

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Le ciblage géographique

Pour endiguer les trafics qui gangrènent la vie locale, le plan stups détermine, après diagnostic, des objectifs territoriaux qui nécessitent une action policière. Au sein d’un arrondissement touché par le phénomène, l’enquête se concentre son action sur un quartier, une rue, une tour ou même un carrefour, où sont identifiés des trafics. Objectif de la manoeuvre : améliorer de façon significative la physionomie d’un site et restaurer la qualité de vie de ses habitants. Selon l’intensité des trafics, les services de police favorisent les investigations judiciaires ou la présence policière au moyen d’opérations de contrôle et de patrouilles de sécurisation.

Le renforcement de la lutte contre le trafic d’ecstasy

Dans ce cas précis, le ciblage vise les quelque cinq cents cabarets, discothèques et établissements à ambiance musicale implantés dans la capitale. C’est dans ces établissements que la brigade des stupéfiants développe son action en matière de lutte contre le trafic, l’usage d’ecstasy et autres produits de synthèse. Rendre le milieu de la nuit plus sain passe, dans le volet répressif, par le démantèlement des réseaux d’approvisionnement du marché parisien, et la recherche des dealers. Côté prévention, la brigade des stupéfiants s’implique dans l’opération « Fêtez Clairs», assurée par le partenariat ville de Paris et préfecture de police. Dans ce cadre, des campagnes de sensibilisation et d’information sont régulièrement menées auprès des exploitants des établissements de nuit pour leur rappeler leur responsabilité, les sanctions qui les menacent, et former leurs personnels sur leur lieu de travail.

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La poursuite du démantèlement des réseaux structurés

La police judiciaire et plus particulièrement la brigade des stupéfiants  apportent une grande attention aux filières d’approvisionnement dirigées par des malfaiteurs chevronnés. Ces réseaux assurent principalement l’acheminement de grandes quantités de produits jusqu’à Paris et sa banlieue, et leur première « distribution ». C’est un travail de longue haleine, en étroite collaboration avec la direction centrale de la police judiciaire et les polices étrangères.

Investigations patrimoniales et GIR

Les services de la police judiciaire et de la sécurité de proximité travaillent en collaboration avec le groupe d'intervention régional (GIR) qui, par sa spécificité interministérielle, procède aux investigations patrimoniales. Dans ce volet, il s’agit d’identifier et de confisquer les avoirs dits « criminels » des trafiquants : numéraires, comptes bloqués, biens, meubles et immeubles, véhicules, chevaux de course… et parfois même, parts de SCI à l’étranger.

Décisions de justice et mesures administratives

Le service de l’exécution des décisions de justice de la direction de la police judiciaire a pour mission de rechercher et d’interpeller les individus jugés par le tribunal de grande instance de Paris ou la cour d’appel de Paris pour des infractions à la législation sur les stupéfiants. La direction du renseignement  est en charge de l’exécution des mesures administratives d’éloignement du territoire (interdiction temporaire ou définitive) prononcées à l’encontre de trafiquants de stupéfiants, à titre de peine complémentaire.

Une politique de prévention et de formation

Des policiers formateurs anti-drogue de la brigade des stupéfiants et de la direction de la sécurité de proximité poursuivent une politique de prévention dans les écoles, les entreprises et les institutions afin de prévenir la consommation de stupéfiants et sensibiliser les adultes aux problèmes que peuvent rencontrer leurs enfants. Tous les mois, un comité de pilotage réunissant les trois directions engagées dans le plan, dresse un état de la situation et de l’évolution des objectifs fixés. Suite à cette réunion mensuelle, un bilan est établi pour le préfet de police et le procureur de la République. Devant les résultats significatifs du plan parisien et dans le cadre de la police d’agglomération, ses principes sont étendus à la petite couronne. Depuis 2008, des plans de lutte contre les trafics de stupéfiants existaient dans les départements des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, mais ils présentaient des caractères hétérogènes qui nécessitaient une harmonisation. Le préfet de police a donc chargé la direction de la police judiciaire d’organiser l’extension du plan stups parisien à l’ensemble de l’agglomération. Chaque mois, pilotés par le service départemental de police judiciaire, les services de police concernés des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis se réunissent afin de passer en revue les objectifs permanents et temporaires du plan stups. Groupes stups et groupe cités du SDPJ, groupes d’enquête et commissariats de la direction territoriale de sécurité de proximité, groupes violences urbaines de la direction du renseignement se répartissent les enquêtes sur les cités et quartiers du département gangrénés par les trafics de stups.

Trois questions à : Jean-Jacques Herlem directeur adjoint de la police judiciaire Quels sont les enjeux du plan stups  ? Derrière le trafic de stupéfiants se cachent de nombreuses réalités : violences entre bandes et dealers pour défendre un territoire, dégradation de la qualité de vie pour les habitants, sentiment d’insécurité, économie souterraine, brouillage du tissu social, petits trafics et grands réseaux… sans compter les enjeux de santé publique. Notre objectif consiste à effectuer un travail de fond sur des zones précises, tout en restant performants sur le démantèlement des grands réseaux. Nous devons améliorer la physionomie des secteurs sensibles. La logique territoriale semble fondamentale… Elle est prioritaire en effet. Des périmètres très précis ont été déterminés dans lesquels nous concentrons tous nos efforts. Certains secteurs bénéficient d’une attention permanente, comme le Forum des Halles, plusieurs cités sensibles du 19e ou 20e figurent également parmi les objectifs, mais nous avons également des cibles dans le sud de Paris. Les grands ensembles urbains sont malheureusement très propices au développement des trafics et de l’économie souterraine. Le plan stups  comporte plusieurs volets… La conviction du préfet, lorsque ce plan a été mis en place, était qu’il fallait envisager la problématique « drogue » sous tous ses angles : renseignement, enquêtes judiciaires, confiscation des biens des trafiquants, opérations de sécurisation, occupation du terrain, prévention à destination de tous les publics. La répartition des tâches, le partage de l’information, la mutualisation des moyens… et beaucoup d’abnégation sont nos atouts pour réussir.

Le plan stups en chiffres

En 2009, ont été relevés :
  • 2 712  interpellations (dont 23 trafiquants d’ecstasy)
  • 792  gardes à vue pour trafic
  • 609  défèrements pour trafic
Saisies :
  • 5,381 tonnes  de cannabis
  • 113,811 kg  de cocaïne
  • 17,609 kg  d’héroïne
  • 28 044  cachets d’ecstasy
  • 1 361 108  euros en numéraires
Prévention :
  • 26 994  élèves et professionnels sensibilisés aux dangers de la drogue.

Pour en savoir plus, découvrez nos reportages

Chaussure à double fond permettant de cacher de 200 à 400 g de toutes formes agglomérées de drogue (cocaïne, amphétamine…).
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Chaussure à double fond permettant de cacher de 200 à 400 g de toutes formes agglomérées de drogue (cocaïne, amphétamine…).
Chaussure à double fond permettant de cacher de 200 à 400 g de toutes formes agglomérées de drogue (cocaïne, amphétamine…).
Chaussure à double fond permettant de cacher de 200 à 400 g de toutes formes agglomérées de drogue (cocaïne, amphétamine…).
Conserve de lessive dont le double fond permet de faire passer environ 150 g de cocaïne ou d’héroïne.
Conserve de lessive dont le double fond permet de faire passer environ 150 g de cocaïne ou d’héroïne.
Version fermée d'un harnais porté par un voyageur contrôlé à l’aéroport de Roissy.
Version fermée d'un harnais porté par un voyageur contrôlé à l’aéroport de Roissy.
Version ouverte du harnais dissimulant environ 10 kg de cocaïne.
Version ouverte du harnais dissimulant environ 10 kg de cocaïne.
Conserve de 200g de cocaïne découverte dans un camion censé transporter des conserves de haricots blancs.
Conserve de 200g de cocaïne découverte dans un camion censé transporter des conserves de haricots blancs.
Radiographie d’un passeur d’Amérique du Sud ayant ingéré pour environ 1,8 kg de capsules de cocaïne.
Radiographie d’un passeur d’Amérique du Sud ayant ingéré pour environ 1,8 kg de capsules de cocaïne.
 

Les actions préventives à l'école

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Parce que la drogue touche en France 4,5 millions de personnes dont 4 millions de fumeurs de cannabis, la préfecture de police fait aujourd'hui de la drogue son ennemi public n°1. Face aux multiples dangers de la drogue encore méconnus ou sous-estimés et face à des consommations de plus en plus précoces, des policiers se mobilisent pour éviter que les mauvaises habitudes s’enracinent dès l’adolescence au risque de perdurer à l’âge adulte. Zoom sur les actions de prévention de la préfecture de police.

Yannis Haon, gardien de la paix, est un des cinq policiers formateurs anti-drogue (PFAD ) de l’unité de communication, de formation et de prévention de la brigade des stupéfiants  (direction de la police judiciaire). Aujourd’hui, il a rendez-vous avec une classe de lycéens de l’école Boulle, spécialisée dans l’enseignement des métiers d’arts à Paris.

« Bonjour, je m’appelle Yannis, je suis policier formateur anti-drogue à la brigade des stups, dont une des missions est d’informer les adolescents sur les dangers de la drogue. Mon intervention va peut-être vous surprendre, je ne vais pas vous faire un cours, je veux juste échanger avec vous sur quelques idées reçues et vous présenter une autre réalité des produits stupéfiants que certains d’entre vous consomment peut-être.»  D’emblée le ton est donné : clair, direct, ironique et parfois cru. Derrière son apparente décontraction et ses traits d’humour, le policier déroule durant deux heures un discours bien rôdé, sans « antisèche », et savamment construit pour tenir en haleine un auditoire tantôt sceptique, tantôt intrigué.

Sur la trentaine d’adolescents âgés de quinze à dix sept ans assis en face du formateur, les statistiques laissent supposer que la moitié a sûrement déjà expérimenté au moins une fois le cannabis. Il faut donc trouver les mots justes pour établir le dialogue sans heurter et pousser les jeunes à communiquer.

« Une drogue, qu’est-ce que c’est ? » , lance le policier aux lycéens. Au départ timide, l’échange débute avec ses premiers éléments de réponse : « c’est être dans un état second », «c’est l’évasion», «c’est un moment de convivialité », «ça évoque la dépendance…»  Après quatre années passées à la direction centrale de la sécurité publique, puis autant encore dans une mission de prévention et de communication au commissariat du 4e, le formateur connaît son sujet sur le bout des doigts et a l’habitude de s’adresser aux jeunes. Construite en plusieurs étapes (définition d’une loi, d’une drogue, dangers liés à son usage, risquesjudiciaires liés à la consommation et au trafic), la séance alterne informations générales, chiffres et nombreux exemples. Il faut casser les idées reçues sur des produits prétendument festifs, débanaliser le cannabis ou le côté branché de la cocaïne. Il faut aussi trouver les arguments quand un jeune sceptique lance dans la classe : « Mais M’sieur, si on fume un pétard, c’est du domaine privé ! » .

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« Vous voulez faire la fête ? Vous éclater ? Très bien. Vous allez en boîte ou chez des amis, vous buvez un verre, puis deux… vous allumez un joint avec vos potes et vous pensez que vous contrôlez la situation. Sachez que vous gérez que dalle ! Les accidents de voiture parce que l’on a abusé de substance ou d’alcool, ça n’arrive pas qu’aux autres. La semaine dernière, je discutais avec cette fille, son amoureux aujourd’hui, c’est un légume parce qu’il a fini dans un ravin. Il boit sa soupe avec une paille. »

Les exemples sont parfois crus, durs à entendre, mais il faut aussi provoquer un électrochoc pour être entendu. Les risques sociaux de la consommation de drogue, la déscolarisation, les violences, sont eux aussi abordés. En fin de séance, le policier laisse les jeunes s’exprimer de façon plus globale sur les autres drogues. Là encore, les ados ont des choses à dire et les questions pleuvent : « inhaler de l’hélium ; c’est dangereux ? », « Y a-t-il de la drogue dans le coca-cola ? », « l’eau écarlate, ça fait quoi ?», « vous pouvez nous parler du crack  ? », « qu’est-ce que l’absinthe ? »…  Pour chaque interrogation, le formateur a une réponse. Le policier finit son exposé par une dernière mise en garde : « Je veux juste vous dire que la drogue, c’est dangereux, et que cela peut modifier votre vie. À chaque consommation, c’est la roulette russe, alors soyez vigilants et ne vous laissez pas entraîner. Bonne journée, et merci » .

 Entretien avec
 
Commandant Olivier Lacombe, policier formateur anti-drogue depuis 2002, chef de l’unité de communication, de formation et de prévention de la brigade des stupéfiants, direction de la police judiciaire. En quoi consiste votre mission ?
 L’unité que je dirige a en charge l’organisation d’actions d’information et de prévention des drogues auprès d’une partie du public scolaire de l’Académie de Paris. Cela comprend les lycéens et le public adulte du monde scolaire (les équipes éducatives et les parents d’élèves). Notre unité anime également des actions de formation et de sensibilisation dans le monde de l’entreprise, de plus en plus confronté aux problématiques engendrées par la consommation de substances illicites. Comment se déroule une séance dans une classe ?
 Une intervention dure environ deux heures, elle est essentiellement basée sur l’interactivité. Il ne s’agit pas de faire un exposé rébarbatif, mais d’instaurer un dialogue dans le cadre d’une démarche de citoyenneté, de liberté et de responsabilité vis à vis de soi même et des autres, d’expliquer la loi en matière de drogues et d’informer sur les produits stupéfiants et sur les comportements à risque liés à l’usage des drogues licites ou illicites et sur leurs conséquences sanitaire et sociales . Quel(s) message(s) délivrez-vous lors de ces débats ?
 Nous ne sommes pas là pour nous substituer aux médecins ou psychologues. Notre point de vue est celui de policiers. Mais nous ne devons pas non plus apparaître comme les espions qui viennent pour savoir qui fume ou qui consomme. Notre rôle est d’alerter les jeunes sur les risques pénaux encourus, tout en évoquant les dangers physiques, psychiques et sociaux. Il faut aussi penser à mettre en valeur ceux qui ne consomment pas. Comment entretenez-vous vos connaissances dans le domaine des stupéfiants ? Les policiers formateurs anti-drogue (PFAD) sont habilités à dispenser des interventions de prévention sur le thème de la toxicomanie. Nous suivons une formation spéciale portant sur l’ensemble des produits illicites, les produits réglementés, la législation, les orientations gouvernementales et une partie pédagogique basée sur la mise en situation. Ce savoir est recyclé tous les deux ans. Nous bénéficions également d’une formation sur la psychologie des enfants et des adolescents. 500 PFAD environ sont répartis dans tous les services de la police nationale sur l’ensemble du territoire métropolitain et des départements d’outre-mer, dont cinq à la DPJ.

En savoir plus

Les séances de prévention contre la drogue sont également assurées par les policiers des missions de prévention et de communication des commissariats centraux d’arrondissement, sous l’égide du service de prévention anti-délinquance de la préfecture de police. En 2009, 7 377 professionnels et 6 057 élèves de lycées, collèges et écoles primaires ont été sensibilisés aux dangers de la drogue par l’ensemble des services de la préfecture de police.

Contrôle routier. Les policiers décident de faire subir un test de dépistage salivaire à l’automobiliste.
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Contrôle routier. Les policiers décident de faire subir un test de dépistage salivaire à l’automobiliste.
Contrôle routier. Les policiers décident de faire subir un test de dépistage salivaire à l’automobiliste.
Contrôle routier. Les policiers décident de faire subir un test de dépistage salivaire à l’automobiliste.
Prélèvement d’un échantillon de salive.
Prélèvement d’un échantillon de salive.
Recueil de la salive dans un récipient stérile
Recueil de la salive dans un récipient stérile
L’échantillon de salive est déposé dans un révélateur (permet de dire si l’échantillon est ou non positif).
L’échantillon de salive est déposé dans un révélateur (permet de dire si l’échantillon est ou non positif).
Le délai d’attente pour obtenir les résultats d’un échantillon est de 4 minutes.
Le délai d’attente pour obtenir les résultats d’un échantillon est de 4 minutes.
Kit salivaire de dépistage de produits stupéfiants
Kit salivaire de dépistage de produits stupéfiants
 

Cannabis et Ecstasy

Danger !

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La consommation de cannabis et d’ecstasy peut entraîner des conséquences graves sur la santé tant physique que mentale. La préfecture de police vous informe des effets de ces produits et du danger qu’ils représentent.

Des produits à risque

cannabis
Le cannabis
  • État d’ébriété ou d’abrutissement, hallucinations et palpitations.
  • Accidents de la route : le cannabis diminue la vigilance et les réflexes. Sa consommation est strictement incompatible avec la conduite d’un véhicule.
  • Démotivation : le cannabis entraîne des troubles de la concentration et de la mémoire.
  • Dépendance : consommer du cannabis, c’est aussi dépendre de celui qui le fournit.

Les effets du cannabis sont variables selon les individus, la quantité absorbée et la concentration en T.H.C.

L'ecstasy
ecstasy
  • Hyperthermie, déshydratation, épuisement, risques hépatiques.
  • Sentiment d’angoisse pouvant évoluer en crise de délire grave, agitation, convulsions.
  • Accidents de la route : l’ecstasy est un excitant puissant dont la consommation est strictement incompatible avec la conduite d’un véhicule.
  • Accidents psychiatriques, parfois irréversibles. Nausées, vomissements, palpitations pouvant entraîner des troubles cardiaques parfois mortels.
  • Sida : l’ecstasy peut vous faire négliger l’usage du préservatif.
  • Dépendance : consommer de l’ecstasy, c’est aussi dépendre de celui qui le fournit.

Les effets de l’ecstasy varient selon la quantité absorbée et la fréquence de consommation. Cependant, une prise unique peut avoir des conséquences mortelles.

Protéger le public

La loi protège le citoyen et la société

Elle interdit l’usage, la détention, la vente et la promotion des produits stupéfiants, dont le cannabis et l’ecstasy font partie.

La loi organise de façon anonyme et gratuite l’aide et les soins aux consommateurs de drogue.

S’informer
  • Drogues info service :  0 800 23 13 13 depuis un poste fixe, 7j/7, appel anonyme et gratuit.
  • 01 70 23 13 13 depuis un portable, coût d’une communication locale.
  • Ecoute cannabis  :  0 811 91 20 20 depuis un poste fixe,7j/7, 8h/20h, appel anonyme, coût d’une communication locale.
  • Ecoute alcool :  0 811 91 30 30 depuis un poste fixe, 7j/7, 8h/20h, appel anonyme, coût d’une communication locale.
  • SIDA info service :  0 800 840 800
  • Fil santé jeunes :  
Numéros de téléphone utiles
  • 17  police
  • 18 pompiers
  • 15  SAMU
  • 112 Appel d’urgence européen
  • 119 Enfance maltraitée
  • 08 Victimes  ou 08 842 846 37  
  • 0800 20 22 23  Jeunes violences écoute
  • 0800 235 236  Fil santé jeunes
  • 0810 012 014  SOS Enfants disparus
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