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Les armes du soulèvement

Modifié le 31/07/2014



Picto citation

Les policiers qui ont investi la préfecture de Police, le 19 août 1944 au matin, étaient faiblement armés. Ils avaient à leur disposition leurs armes de service : des pistolets automatiques (le français ”Unic“ et le ”Ruby“ espagnol, tous deux de calibre 7,65 mm), le revolver français modèle 1892 (cal. 8 mm), le mousqueton français Lebel modèle 1892-16 (cal. 16 mm) ainsi que quelques grenades.
Au fur et à mesure des combats, ils ont pu se procurer des armes britanniques et américaines parachutées pour la Résistance ainsi que des armes qu’ils avaient prises aux Allemands.

Les armes britanniques

 

Le pistolet Mitrailleur ”Sten“ (initiales de ses inventeurs, Sheperd et Turpin, et des deux premières lettres d’Enfield, nom de l’arsenal où les premiers exemplaires furent fabriqués en juin 1941), en calibre 9 mm, était la moins coûteuse des armes. Son coût de revient à l’unité était dérisoire (l’équivalent de 23 euros de nos jours), notamment en 1943, avec une production hebdomadaire de 47 000 exemplaires. Légère (3 kg) et à forte cadence de tir, c’était l’une des mitraillettes les plus efficaces dans les combats à courte distance...

mitraille

Car son système de sécurité était très aléatoire : il se résumait à une simple encoche faite dans la mortaise de passage du levier d’armement. Ainsi, au moindre choc, une rafale partait. D’où un certain nombre d’accidents tragiques parmi les maquisards, qui ne savaient pas toujours s’en servir.

Les revolvers ”Enfield n°2 MK 1“ (cal. 9,6 mm) étaient parachutés avec peu de cartouches. Il fallait donc les économiser. Ainsi, pour l’entraînement au tir, on utilisait des cartouches de Sten (reçues en grande quantité), en les coinçant avec... du papier à cigarettes : le coup ne partait pas à chaque pression de la détente.

Le fusil ”Lee Enfield“ (cal. 7,62 mm) avait une baïonnette ”clou“ dont on se servait comme patère montée au bout du fusil ; on la plantait dans un mur (c’était de l’excellent acier).

Le fusil-mitrailleur ”Bren MK II“ (cal. 7,62 mm), fonctionnait au coup par coup ou en rafale. Son chargeur avait une capacité de 30 cartouches. Cette arme fut parachutée aux maquis de toute l’Europe occupée.


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Les armes américaines

 

Le ”Colt 4“ (cal. 11,43 mm) provoquait beaucoup d’accidents, car après avoir engagé une cartouche dans la chambre, le chien en restait armé. On pouvait le ramener doucement contre le percuteur en appuyant sur la détente. Mais certains le retenaient avec un doigt... puis retiraient celui-ci avant que le chien ne soit au repos : le coup partait...

La carabine ”U.S. M1“ (cal. 7,62 mm) reste l’arme la plus populaire du second conflit mondial. Après la Guerre, elle connut à nouveau l’épreuve du feu en Indochine, en Corée, en Algérie et, plus près de nous, au Vietnam. Partout, en dépit de conditions climatiques souvent extrêmes -boue des rizières, sable du Sahara ou neiges coréennes- elle fonctionnait parfaitement !

Les bazookas étaient parachutés avec leur notice d’utilisation en anglais. Or peu de résistants connaissaient cette langue. Les premiers tirs d’exercice restèrent donc dans les mémoires : chacun y donnait son avis, mais personne ne voulait tirer ! Aucun incident grave ne fut pourtant à déplorer.

 

Les autres armes

 

En plus des armes parachutées par les Alliés aux Résistants, les policiers se procurèrent des armes allemandes confisquées à leurs prisonniers.

 

Le ”Parabellum P 08“ (cal. 9 mm) possédait un système de culasse fragile qui ne supportait pas les cartouches trop chargées en poudre. Ainsi, quand, par manque de munitions appropriées, on utilisait des cartouches de Sten, le pistolet explosait parfois au visage de son utilisateur (par rupture totale de la culasse).

Le ”Walther P 38“ (cal. 9 mm) a servi de modèle à la plupart des pistolets actuels. Après la guerre, les Walther P 38 pris aux Allemands furent donnés à la Police Judiciaire. D’un côté de la culasse, on pouvait lire le numéro de série allemand et, de l’autre, le numéro P.J.

Les fusils ”Mauser K 38 K“ (cal. 7,92 mm), pris aux Allemands à la Libération, ont ensuite servi au maintien de l’ordre (C.R.S et Préfecture de Police) et de 1945 à ... 1992. Au bout de leur canon, on avait adapté un manchon destiné au tir de grenades fumigènes et lacrymogènes.