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Discours du Préfet

Modifié le 30/04/2015

Discours de Monsieur le Préfet de police de Paris - 10 avril 2015


Discours Préfet






Mesdames et messieurs,


Je vous souhaite la bienvenue à la Préfecture de Police et je vous remercie d'avoir répondu présent aujourd’hui pour cette réunion de lancement officiel de l'exercice  EU SEQUANA 2016 que j'ai le plaisir de présider en tant que Préfet de la Zone de Défense et de Sécurité de Paris.


Cet exercice de grande ampleur, qui se déroulera sous la direction du Secrétariat Général de la Zone de Défense et de Sécurité, a été imaginé dans le but de se préparer au risque inondation et en particulier, à la survenance d'une crue majeure.
Il est utile, tout d'abord, de rappeler ce qu'est et ce qu'implique, en termes de conséquences, une crue majeure.


La crue est un phénomène lent, qui survient principalement en hiver, après des précipitations soutenues et abondantes pendant plusieurs semaines. Ces fortes pluies continues finissent par entraîner une saturation des sols en eau. Les cours d'eau se gonflent, les nappes phréatiques se remplissent, les niveaux continuent de monter. Si ces facteurs sont également associés à un gel des sols, le phénomène s'aggrave et les eaux finissent par tout envahir.


Quelles seraient aujourd'hui les conséquences d'un tel phénomène ? Même si elles restent, pour leur grande part, indéterminées précisément, on peut les imaginer. L'infiltration des eaux dans les sous sols franciliens perturberait et endommagerait considérablement toutes les infrastructures enterrées, tous les réseaux souterrains. On observerait alors des effets « dominos » comme l'effondrement du réseau électrique, celui du réseau téléphonique, l'arrêt du chauffage urbain, de l’approvisionnement en eau potable, des transports tels que le métro, le RER, etc …


Depuis une dizaine d’années, le risque de survenance d’une grande inondation en Ile-de-France est devenu une réelle préoccupation pour les acteurs publics comme les acteurs privés. Ce type de scénario de crise constitue aujourd’hui LE risque majeur que la région sera un jour amenée à connaître.
Après la grande crue de 1910, causée notamment par une concomitance de la crue de la Seine et de la Marne, et qui a bouleversé Paris et ses environs, des inondations de moins grande ampleur ont suivi, en 1924, en 1982 et en 2001 pour les plus marquantes. Cette réitération illustre le fait qu’aucune invention ou avancée technologique ne peut réellement protéger la « ville capitale » de ce type de catastrophe.


D'autres éléments ont également contribué à mettre l’accent sur ce risque majeur et sur ses conséquences :
-  les inondations exceptionnelles de Prague en 2002, et de Londres en 2007,
-  les événements climatiques et les bilans humains et matériels très lourds qui s'en sont suivis (Xynthia en 2010, les Balkans en 2014, à nouveau Londres en 2014).

Face à ces phénomènes dévastateurs, l'Europe a réagi par l'entrée en vigueur, le 26 novembre 2007, de la directive européenne relative à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation.
La Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris a publié un rapport en 2012 sur les entreprises face au risque inondation.

Enfin début 2014, une étude de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique, sur la prévention de ce type de risque en Île de France, a étudié l’impact qu'une inondation majeure telle que celle survenue en 1910 pourrait avoir sur le bien-être des citoyens, le fonctionnement de la métropole et l'économie.
Des avancées significatives ont été réalisées pour la zone Ile-de-France. Une stratégie locale, déclinant la Directive Européenne et la Loi d'application, a donné lieu à la mise en place d’une gouvernance du risque inondation, co-pilotée par le Préfet de Région et le Préfet de Police. Ces travaux d'envergure débutés en 2013 verront leur aboutissement vers la fin 2016.


En lien avec cette stratégie locale, les grands opérateurs de réseaux ont été associés aux travaux destinés à aboutir à la signature d’une déclaration d’intention, afin de partager les données et de travailler tous ensemble sur les vulnérabilités et les interdépendances existant entre les grands réseaux franciliens. Cette action est pilotée par le DRIEE et le SGZDS.
Une véritable dynamique a donc vu le jour où tous s'associent, dialoguent et travaillent, les acteurs publics comme les acteurs privés, pour la prévention du risque inondation en Île-de-France. Car nous sommes tous concernés par la crue, nous serons tous touchés, nous aurons tous notre rôle à jouer.


La région parisienne héberge un tiers de l’activité économique française. Il s’agit de la deuxième zone économique d’Europe. Toutes les administrations centrales y sont implantées et ainsi que la plupart des sièges de grandes sociétés.
Une crue majeure à Paris pourrait directement ou indirectement toucher près de 5 millions d’habitants et impacter un grand nombre d’activités, avec des répercussions considérables sur les plans humain, économique et social. 850 000 personnes vivent aujourd’hui directement en zone inondable. Plus d’un million de personnes sera privé d’électricité lorsque cet événement surviendra.


Cette crue pourrait entraîner une interruption du fonctionnement des institutions, comme des infrastructures et activités d’importance vitale assurant au quotidien la vie de la région parisienne.
Le rapport de l’OCDE estime à environ 30 milliards d’euros le coût des dégâts causés par une crue centennale, dans un environnement très différent de celui existant au début de XXè siècle.


La Préfecture de Police se devait d’agir avec force face à  un phénomène dévastateur et fortement anxiogène. Les répercussions probables sur les populations, l’organisation de la société et l’économie seront de grande ampleur. La « région capitale doit renforcer sa résilience.


Se préparer à gérer une crue exceptionnelle est un défi hors norme pour la Préfecture de Police. EU SEQUANA 2016 s'inscrit donc dans la suite logique des actions engagées pour la zone Île-de-France, et constitue l'occasion de faire le point sur les travaux entrepris.
Initialement prévu en novembre 2015, et repoussé en 2016 en raison de la tenue de la Conférence des Nations Unies sur le climat, cet exercice se déroulera du 7 au 18 mars 2016, les 12 et 13 mars étant consacrés à des opérations de terrain qui notamment verront l’engagement de forces de sécurité civile et de forces militaires.

Il vise à tester la capacité de tous les acteurs à gérer une crue majeure de la Seine, de coordonner les actions de l’ensemble des intervenants au plan zonal et d’évaluer la pertinence des plans des services et opérateurs concernés. Il doit aussi permettre d’améliorer la capacité de réponse des services de la sécurité civile mais également d’éprouver la coopération civilo militaire par l’emploi de la Force Neptune. 1500 militaires sur les 10 000 prévus par le contrat opérationnel des armées seront engagés pour la première fois en exercice réel sur le terrain au cours des deux journées des 12 et 13 mars 2016.

Enfin, EU SEQUANA 2016 sera l’occasion de mesurer la portée de l’information délivrée aux franciliens afin d’obtenir une prise de conscience du rôle majeur du citoyen aux côtés des pouvoirs publics et des acteurs de la gestion de crise.


Une inondation de cette ampleur entraînerait un dépassement des capacités zonales et nationales en moyens matériels et humains. Par conséquent l’exercice verra également la mise en œuvre du mécanisme de sécurité civile européen. La Préfecture de Police aura le privilège de bénéficier de la participation de moyens de sécurité civile de 4 pays (la  Belgique, l’Espagne, l’Italie et la République Tchèque).
La Commission Européenne ayant accueilli favorablement le dossier de EU SEQUANA 2016, une subvention a également été accordée pour la prise en charge d’une partie des opérations.


En mars 2016, le scénario de cet exercice débutera par une montée des eaux de la Seine et de la Marne de 50 centimètres par jour pendant 3 semaines consécutives, atteignant ainsi la côte d’alerte. Le Service de Prévision des Crues observe alors une accélération soudaine de la montée du niveau des eaux d’1 mètre par jour, et les rivières sortent de leur lit. Les communes implantées en bord de Seine et de Marne subissent les premiers effets de l’inondation.


La distribution d’électricité est largement affectée, le quart des installations fournissant cette énergie étant inondé ou stoppé pour mise en sécurité. Plus d’1,5 million d’usagers subissent des coupures d’électricité.
Les transports publics de Paris sont affectés et 140 kilomètres sur 250 kilomètres de lignes de métro et RER sont fermés par mesure de précaution. Les ponts surplombant la Seine sont fermés au trafic, leurs structures étant fragilisées. Les seuls points de passage de la rive gauche à la rive droite sont les deux ponts du périphérique. La gestion des déchets est rendue difficile dans les zones inondées, les voies d’accès étant sous les eaux.


De plus, des entreprises privées stockant des matières dangereuses déclarent être dans l’incapacité de sécuriser leurs entrepôts, entraînant des risques de contamination de l’air et des nappes phréatiques.
Par ailleurs, en raison de l’érosion des sous sols, il apparaît que des immeubles pourraient s’effondrer après le retrait des eaux. Les établissements de santé sont directement menacés et ont besoin d’être évacués. L’évacuation et la protection des infrastructures nécessitent des renforts nationaux.


Cette inondation dépasse les capacités des services de sécurité civile de la France.
Telle est la trame générale du scénario qui alimentera pendant deux semaines les actions de tous les participants.
La présence dans cette salle, de très nombreuses institutions et des représentants des 60 partenaires, que ce soit dans le domaine de la santé, des communications, de la grande consommation, des transports, du secteur bancaire, de la sécurité, de la justice, tant dans le domaine public (ministères, préfectures, municipalités, …) que dans le domaine privé, témoigne du très vif intérêt pour cette opération d’envergure et d’une prise de conscience réelle et générale face au risque majeur d’inondation.

EU SEQUANA 2016 sera l’occasion pour chaque partenaire de tester en interne, et pour la première fois à grande échelle, la pertinence et l’efficacité de ses différents plans et mesures, mais également la cohérence de ces dispositifs et les interactions entre secteurs. Le Secrétariat de la Zone de Défense et de Sécurité de Paris pourra ainsi avoir une vue d’ensemble de la coordination globale de ces plans en cas de crue  majeure. Chacun, à son niveau, pourra en tirer les enseignements utiles à la résilience.


Nous sommes aujourd’hui à moins d’un an de l’exercice, mais c’est le temps qu’il faut pour le préparer. L’écriture du scénario va se poursuivre, en prenant en compte l’imbrication des parties prenantes et le rôle qu’elles auront à jouer dans ce type de crise. Une plateforme collaborative sera mise à votre disposition, afin de pouvoir échanger plus aisément dans le cadre de la construction de l’évènement EU SEQUANA 2016. Des outils de méthodologie vous seront
fournis dans le but d’obtenir pour chacun une démarche cohérente, en symbiose avec le travail amorcé. Enfin, le plan de communication de EU SEQUANA 2016 vous sera exposé aujourd’hui, afin de vous permettre de relayer cet évènement au sein de vos propres structures.


Tout au long de l’année à venir, le SGZDS pilotera et coordonnera ce grand chantier, débuté début 2014, et poursuivra même au-delà de mars 2016 pour en récolter les fruits.
En effet, SEQUANA n’est pas la finalité, ce n’est qu’une étape dans la préparation de l’ensemble des acteurs publics et privés, ainsi que de la population francilienne, afin de renforcer de façon significative la résilience de la région « capitale ». Il faudra tirer les enseignements de cette opération, adapter certains dispositifs, prendre en compte les problématiques soulevées pendant cet exercice, et d’une manière générale, poursuivre ensemble l’effort engagé sur une plus longue échéance.
La dynamique créée par EU SEQUANA 2016 devra donc être maintenue et entretenue pour assurer l’avenir de la zone Ile de France.


Je vais maintenant céder la parole à plusieurs intervenants :
-  Le chef d’Etat major de la Zone de Défense et de Sécurité de Paris vous présentera avec un peu plus de détails le déroulement de l’exercice, son intervention sera suivie d’un film sur le fonctionnement du mécanisme européen de sécurité civile.
-  Le Service de Prévention des Crues, en la personne de Mme Joanna BRUNELLE, responsable de l’unité prévision des crues et des inondations, vous présentera la courbe de l’évènement naturel qui sera simulé pour l’exercice.
-  Le fonctionnement de la plateforme collaborative sera expliqué par Mr Denis COTTIN, du service communication de la Préfecture de Police, avec la collaboration d’Orange qui met à disposition cet outil spécialement pour SEQUANA.
-  Mr Eric TRUNEL, du service communication de la Préfecture de Police, exposera la philosophie du plan de communication élaboré autour de EU SEQUANA 2016.
-  Enfin Mme Carole DAUTUN et Mr Jean Claude ZILLIOX, de l’Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice, présenteront les règles méthodologiques de rédaction du scénario, ainsi que le logiciel PIXCIS qui sera utilisé dans le cadre de cet exercice.

A l’issue de ces présentations, un quart d’heure sera réservé aux questions de l’assistance.
A compter de 16h30, vos communicants se verront présenter le plan de communication
dans ses détails.


Je vous remercie.


M. Bernard Boucault
Préfet de police de Paris