Démarches  

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Nathalie, DSPAP 75

Modifié le 23/01/2015

Nathalie

50 ans, brigadier-chef au bureau des délits routiers d'un commissariat parisien (DSPAP), en situation de handicap.

« Le handicap, c’est la meilleure école de la débrouille »


Femme police insigne

Avec son mètre quatre-vingt et ses dix ans de boxe, Nathalie en impose. Derrière son allure solide et son regard clair, se cachent des années de policière sur le terrain. « Une vraie vocation » , annonce cette fille de militaire de carrière. Gestion de bandes rivales dans le quartier des Halles, missions multiples dans une brigade anti-criminalité, elle a su se confronter à des thématiques aussi diverses que des affaires de stupéfiants, des filatures, des règlements de compte et même des braquages. De l’un d’eux à main armée en 1999, sa bravoure se voit même saluer par la médaille de l’acte de courage et de dévouement.


De son « passé de guerrière »  comme elle l’appelle non sans humour, elle se souvient d’une jeune fille victime d’un viol dans son quartier qu’elle conseilla et qui, épanouie, la remercia des années plus tard de l’avoir guidée pour reconstruire sa vie. A cette pensée, Nathalie a la chair de poule : « Ce sont des choses comme ça qui me font avancer »  . La défense de la veuve et l’orphelin, comme elle dit, mais aussi l’injustice qu’elle ne supporte pas, la guident dans l’accomplissement de ses missions. « Pouvoir défendre, c’est ça qui me fait vivre »  .


Brigadier de police

C’est en voulant affiner l’une de ses enquêtes que Nathalie décide de passer son permis moto administratif. Pourtant, en 2006, le 11 septembre ( « décidément une mauvaise date ! » ), une chute violente durant l’une des épreuves lui fait perdre son bras droit. Après un traumatisme crânien et deux mois de coma, un long travail de rééducation lui permet de réintégrer, après quelques années, son commissariat d’arrondissement. « Un tsunami s’est passé dans ma tête. Mais comme je suis quelqu’un de volontaire, je ne lâche pas l’affaire ! » . Soutenue tout au long de son rétablissement par ses collègues très éprouvés par son accident, Nathalie retrouve ensuite son milieu professionnel, forte de l’énergie naturelle qui l’a caractérise.


Désormais, c’est au sein du bureau des délits routiers qu’elle opère et qu’elle se charge de dossiers administratifs. Sa prothèse du bras, elle a su la faire sienne et la parer de quelques bagues, à son image. Malgré la fatigue et les difficultés de concentration parfois, son envie de terrain la taraude et elle souhaiterait pouvoir mettre son expérience au profit d’un public par des missions de prévention et de communication. Échanger, être dans l’interactivité et toujours en lien avec la réalité sont ce qui motive cette profonde indépendante.


Outre la musique classique qui la transcende davantage encore depuis son accident, elle peut compter pour l’apaiser sur son compagnon de route : un chat avec lequel elle partage l’attrait pour l’autonomie et un destin peu commun. « On sort tous les deux d’une drôle d’affaire » , souligne Nathalie, avec le sourire, toujours.