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Anne, DSPAP 94

Modifié le 23/01/2015

Anne

48 ans, brigadier de police au bureau des accidents et délits routiers d'un commissariat du Val-de-Marne ( DSPAP  -DTSP 94), en situation de handicap.

« En France, le handicap reste un sujet tabou »


Femme police insigne jaune

Vingt ans déjà que Anne officie au sein du même commissariat. « Je fais partie des murs »  , aime-t-elle à plaisanter. D’abord en brigade sur le terrain durant cinq ans, elle est ensuite affectée au bureau des accidents et délits routiers. Depuis quinze ans, elle traite les dossiers liés aux accidents corporels de voie publique sur son territoire, recevant les personnes concernées, établissant le procès-verbal et avisant le Parquet afin de pouvoir ensuite clôturer l’affaire.


Originaire de Toulouse, Anne ne pensait pas faire sa vie en région parisienne. « Je me suis bien acclimatée »  , accorde-t-elle en souriant. Son travail, elle l’aime mais remarque que certains à-côtés lui sont pesants au quotidien. De par sa maladie déclarée il y a 15 ans, elle se déplace désormais en fauteuil roulant et a parfois été confrontée à des situations délicates vis-à-vis de son entourage professionnel. « Lorsqu’une réunion avait lieu à un étage, mes collègues m’ont parfois aidée à y accéder mais c’est une situation peu valorisante » , reconnaît-elle.


Brigadier de police délits routiers

Son bureau individuel lui permet de conserver à proximité son scooter pour pouvoir sortir aux heures du déjeuner. Et même si le quartier n’est pas très favorable à ses déplacements, Anne reconnaît que ses collègues lui proposent de l’aide régulièrement. Elle l’a appris : « Tout est question de gestion de l’effort, il faut arriver à gérer son temps tout au long de la journée » .


Outre les déplacements, Anne subit une fatigue quotidienne due à sa maladie progressive. « Je mets beaucoup plus de temps que n'importe qui pour récupérer »  . Alors, afin de ne pas être tributaire de ses équipiers, elle songe, comme un « défi personnel » , à intégrer un service dont l’implantation lui conviendrait bien mieux. Elle sait que d’autres agents handicapés y travaillent et elle a déjà le sentiment qu’elle s’y sentirait plus libre.


En attendant, Anne instruit ses très nombreux dossiers avec rigueur , et quelques images de son loisir en toile de fond. « Je suis passionnée par les Etats-Unis » , reconnaît-elle. Six voyages s’inscrivent déjà à son compteur. De son expérience américaine, elle remarque l’accessibilité des lieux même des plus anciens. « Où que vous alliez là-bas, tout est adapté pour les personnes handicapées »  . Un exemple qui engagerait même Anne à rêver de s’y installer si elle le pouvait. Le handicap lui semble totalement intégré aux mentalités d'Outre-Atlantique, ce qui lui offre un certain sentiment de liberté même de parole. « Dès que j'ai eu ma maladie, j'ai dit que ça n'était pas pour moi un sujet tabou »  , souligne Anne. Si de nombreuses actions restent encore à mener selon elle en France, rien n'entache pourtant son enthousiasme et son énergie au quotidien : « J'adore ce que je fais » , martèle-t-elle.