Janine, DFCPP

Modifié le 23/01/2015

Janine

47 ans, adjoint administratif à la direction des finances de la commande publique et de la performance ( DFCPP ), en situation de handicap.

« Dans mon cadre professionnel, je réussis à oublier complètement ma maladie »


Femme administratif tampon

Un an à peine après son entrée à la préfecture de police, Janine est ravie. Fonctionnaire depuis quelques semaines après un concours réussi haut la main , elle repense au chemin parcouru après son départ de la région aquitaine et depuis 2007, année douloureuse où sa maladie pulmonaire s’est déclarée. Un cursus en secrétariat chez Pigier, un prix en dactylographie, plusieurs postes dont un à la préfecture d’Agen et un arrêt maladie de deux ans la faisant quitter définitivement son poste dans une usine de manutention. Elle l’avoue, elle a « beaucoup souffert » lorsque cette « sale maladie »  s’est déclenchée. Heureusement, CAP Emploi* la remet sur les rails du secrétariat, sa passion, et la détermination de Janine fait le reste.


Elle se reforme par correspondance, refait quelques stages de formation et décroche un emploi de chargée de clientèle et de secrétariat. La rencontre avec son mari la guide vers la Capitale et le CAP Emploi de la région parisienne lui parle d’un concours à la préfecture de police. L’énergie de Janine reprend le dessus : elle se prépare à passer le concours d’adjoint administratif à la préfecture de police . Même si sa conseillère l’a beaucoup aidée à appréhender la fonction publique, c’est seule que Janine a préparé ses épreuves et s’est présenté face au jury. Elle fera partie des 14 lauréats reçus parmi les 80 candidats et sera même « la seule du 93 ! »  .


Portrait administratif

Aujourd’hui, au sein de sa section composée de cinq personnes, Janine émet des titres de perception auprès des particuliers notamment pour les fourrières, gère les trop-perçus de traitement et instaure des dossiers administratifs très variés mais toujours liés à la section recettes de la direction des finances de la commande publique et de la performance. « On travaille avec différents services de la préfecture de police mais nous sommes aussi en lien avec le Trésor Public »  , explique-t-elle, aimant ce travail d’équipe et de polyvalence.


Si elle ressent un essoufflement certain dans les transports ou au quotidien, Janine reconnaît que, dans son travail, elle « oublie complètement »  son handicap. « Mes collègues le savent mais ne sont pas curieux, on n’en parle pas et c’est très bien comme ça »  , précise-t-elle. Son traitement de fond lui permet de vivre mieux et d’assumer son travail tant qu’elle reste loin de la poussière, d’odeurs fortes de type ammoniaque et de toute manutention même légère. Elle l’avoue : « Mon travail me correspond totalement,  je fais travailler la tête : je suis assise et tout le temps dans les papiers ! »  .


En intégrant la préfecture de police, elle reconnaît avoir su saisir sa chance  mais s’être « débrouillée »  toute seule. Janine remarque pourtant que la situation des personnes en situation de handicap est très difficile : « Il y a beaucoup de travailleurs handicapés sans emploi et j’ai l’impression qu’il faut aller les chercher »  . Elle est d’autant plus fière de sa titularisation que le sens du service public fait partie intégrante de son histoire personnelle . « C’est presque un symbole pour mon père disparu, il aurait tellement voulu que je rende aussi à l’administration tout ce qu’il a fait pour la France »  . Pour la suite, Janine vise un autre challenge : « Faire du footing, c’est mon rêve ! »  . Courir dans les Buttes Chaumont sans être essoufflée, un défi de taille que son médecin l’encourage à relever petit à petit. Alors, à quand la réalité ?


* Réseau national d'Organismes de Placement Spécialisés au service des personnes handicapées et des employeurs.