Les relations police – population : Le délégué à la cohésion police - population

Représenter la police aux réunions de quartier. Informer la hiérarchie du commissariat des problèmes de sécurité que lui exposent les habitants. Prendre en compte les dysfonctionnements dont ils lui font part. Les conseiller et les assister dans certaines démarches, comme le dépôt de plainte. Voici quelques exemples des missions qu’exerce Bernard Pasqualini, délégué à la cohésion police – population à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis.

Mesure adossée au plan Espoirs banlieues de février 2008, la création des délégués à la cohésion police – population permet de renouveler les modalités d’intervention de l’Etat dans les quartiers et de donner un second souffle au dialogue entre leurs habitants et la police. Sur le terrain, les délégués, qui exercent sur les directions territoriales de la sécurité de proximité (DTSP), prennent le pouls du contexte local en tissant des liens avec les acteurs du secteur associatif, les personnels de l’éducation nationale, les élus, les gardiens d’immeubles, et, bien sûr, les habitants. « Même s’il existe un cadre qui précise le rôle du délégué, c’est avant tout une fonction qu’on s’approprie, qui se construit au quotidien », précise Bernard Pasqualini.

 

Cet ancien commissaire divisionnaire, retraité depuis 2007, a connu les services de police judiciaire les plus pointus – la « crim’ » et l’anti-terrorisme – mais a également servi en sécurité publique, où il a traversé les émeutes de 2005. « Je connais bien la Seine-Saint-Denis pour y avoir habité longtemps, mais aussi parce que j’ai choisi d’y travailler à la fin de ma carrière en prenant la tête de la sûreté départementale », confie-t-il. Quand il apprend la création du dispositif des délégués à la cohésion police – population, Bernard Pasqualini décide de quitter son statut de jeune retraité pour celui de réserviste de la police nationale. Depuis, à raison de 12 jours par mois, il sillonne les quartiers de Tremblay, du Grand Ensemble à la mairie en passant par les établissements scolaires. « Il est important de bien connaître les acteurs de la vie du quartier, notamment les associations. C’est une porte d’entrée vers les personnes qui n’ont plus confiance dans les institutions et ne savent plus à qui s’adresser ».

 

Pour favoriser le lien entre la police et la population, le délégué prend en compte les doléances des habitants, et, surtout, s’efforce de résoudre les problèmes dont ils lui font part, qu’il s’agisse de préoccupations liées à leur sécurité ou d’expériences mal vécues avec la police. « Renforcer le lien avec la population passe par un retour aux fondamentaux. Offrir une qualité d’accueil irréprochable, par exemple », analyse Bernard Pasqualini. Des difficultés qu’il n’hésite pas à faire remonter au commissariat, où il se félicite d’avoir d’excellentes relations avec ses anciens collègues, du gardien de la paix au chef de circonscription, et de disposer de leur écoute. « L’avantage du réserviste, c’est qu’il a une longue expérience derrière lui, dont il peut faire profiter les plus jeunes ».