Présentation du musée de la préfecture de police
Situé dans l’hôtel de police du Ve arrondissement, 4, rue de la Montagne Sainte-Geneviève, le musée retrace l’histoire de la police parisienne du XVIIe siècle à nos jours. Les 2000 pièces présentées, uniques pour certaines, évoquent les événements auxquels la police a pris part, souvenirs de l’histoire de Paris mais aussi de celle de la France.
Les origines du musée
Ce musée a été créé en 1909 par le préfet Louis Lépine, rendu célèbre par le concours des inventeurs qui porte son nom.
Il apporte un riche témoignage à l’aide des pièces réunies pour l’exposition universelle de 1900. Les documents et pièces présentés, malgré les pertes subies au cours de l’incendie qui détruisit les bureaux de la préfecture pendant la Commune en 1871, offrent un panorama de l’activité de la préfecture de police durant le XIXe et XXe siècles.
Depuis lors, des dons et des acquisitions ont permis sans cesse de compléter les collections.
À la découverte du musée
Sur une surface totale de 520 m2, le musée est organisé en plusieurs espaces dans lesquels les collections sont présentées par périodes, de 1667 à 1945. Quelques espaces sont consacrés à un thème précis.
L’histoire de la police de Paris est retracée par des manuscrits, des estampes, des portraits, et elle est illustrée par des affiches. Jusqu’au XXe siècle, celles-ci étaient le principal moyen de faire connaître aux Parisiens les règlements de police.
Plan de situation du musée (format PDF - 60,88 ko)Les grandes périodes de la police parisienne
L’ancien régime
En 1667, Louis XIV crée la charge de lieutenant de police, dont on peut résumer la mission en trois mots : “netteté, clarté, sûreté”. Premier lieutenant de police, Gabriel Nicolas, seigneur de La Reynie, établit la tranquillité et une relative sécurité dans les rues de la capitale.
Ses successeurs multiplièrent les domaines d’intervention de la lieutenance de police, en l’adaptant à l’évolution de la vie parisienne, notamment aux problèmes de circulation.
L’époque révolutionnaire
Devant l’effervescence qui règne dans Paris le 13 juillet 1789, des volontaires forment spontanément une garde bourgeoise, que Lafayette, élu commandant, baptise Garde Nationale. La police est dans un premier temps confiée à la municipalité parisienne.
Par la suite, d’autres décisions complétèrent la réorganisation de la police parisienne : institution de 48 commissaires de police (1 par section) et création du corps des officiers de paix.
De 1800 à nos jours
Bonaparte crée à Paris la fonction de préfet de police mettant fin à l’instabilité qui caractérisait la police durant les dernières années révolutionnaires. L’arrêté du 12 Messidor an VIII (1er juillet 1800) précise les attributions du préfet de police, responsable de la sécurité dans l’acception la plus globale du terme.
Le préfet de police de Belleyme crée en 1829 la première police en uniforme : les sergents de ville.
L’avant-dernière partie du musée est consacrée au crime et à sa répression aux XIXe et XXe siècles, avec une salle consacrée aux débuts de la police scientifique.
La visite se termine sur la période de l’Occupation et de la Libération.
Les grandes dates de la police parisienne
Du XIe au XVIe siècles
- 1032 : Henri 1er institue le prévôt de Paris : gouverneur politique et financier, à la fois juge, commandant militaire et chef de police.
- 1254 : Saint-Louis crée le guet et le chevalier du guet. Leur devise : “Vigilat ut quiescant” (il veille pour qu’ils reposent).
- 1359-1521 : création de troupes chargées de l’ordre : archers, arbalétriers et arquebusiers.
- 1521 : François 1er double le nombre de commissaires-enquêteurs.
Du XVIIe au XVIIIe siècles
- 1667 : Louis XIV signe l’édit portant création de la lieutenance de police. Nomination à ce poste de Gabriel Nicolas, seigneur de La Reynie. Il restera trente ans en poste !
- 1668 : destruction de la Cour des Miracles : l’école du crime anéantie, on constate une nette régression des vols et autres délits.
- 1725-1739 : René Hérault interdit le stationnement en double file, et ordonne l’immatriculation des carrosses et des voitures publiques.
- 1795 : distinction entre police judiciaire et police administrative.
Le XIXe siècle
- 1800 : Loi du 28 Pluviôse an VIII (17 février) acte fondateur de la fonction de préfet de police à Paris. L’arrêté des Consuls du 12 messidor an VIII définit en détail les compétences du préfet de police.
- 1811 : une brigade de sûreté est instituée, chargée de la répression des crimes. Elle est confiée à Vidocq.
- 1829 : création du corps des sergents de ville.
- 1870 : les sergents de ville deviennent des gardiens de la paix.
- 1871 : Jules Ferry met à disposition pour la préfecture de police la caserne de la Cité. Les effectifs de la police sont très nettement augmentés.
- 1887 : création du service de l’Identification Judiciaire, confié à Bertillon.
- 1893 : le service de l’identification judiciaire devient l’identité judiciaire. Le système de Bertillon, le “Bertillonnage” est adopté dans le monde entier.
- 1893 : Louis Lépine est nommé préfet de police. Il est à l’origine, entre autres, de l’adoption du bâton blanc pour réguler la circulation et de la création de la brigade fluviale. Préfet de police pendant 18 ans, il marquera de son empreinte la préfecture.
Le XXe siècle
- 1913 : le préfet de police Hennion réorganise la préfecture et crée la direction des renseignements généraux et celle de la police judiciaire.
- 1925-1935 : les commissariats sont équipés des fameuses camionnettes “police-secours”. De nouvelles dispositions pour faciliter la circulation (feux de signalisation aux carrefours, sens unique dans les rues étroites, etc.) sont instaurées.
- 1935 : création des assistantes de police rattachées à la brigade des mineurs : ces femmes portent l’uniforme et leur mission est la protection des enfants.
- 1940-1944 : pendant l’Occupation, la police parisienne est mise au service des Allemands. La Résistance se développe, et le 15 août 1944 les policiers parisiens se mettent en grève.
- 19-26 août 1944 : les policiers s’emparent de la préfecture de police et 167 policiers meurent dans les combats de la Libération.
- 1964 : création des nouveaux départements de la “petite couronne” : 92, 93, 94.
- 1967 : la police municipale parisienne devient nationale.



